Méthode de bissection

Cette méthode implique de comparer deux moitiés d’un même instrument psychométrique comme s’il s’agissait de deux versions parallèles. Pour ce faire, on sépare l’instrument (ou l’échelle) en deux parties égales et on calcule la corrélation entre les scores composites obtenus à chacune des deux moitiés. Cela permet donc de mesurer l’homogénéité des parties du test (la cohérence interne), c’est-à-dire à quel point les deux parties du test mesurent une même caractéristique psychologique. Il est possible de diviser le test de différentes façons; la méthode première moitié / deuxième moitié n’est pas idéale en raison d’une équivalence discutable des deux parties due à des facteurs tels que la fatigue des répondants, des différences de difficulté des items ou épreuves, etc. Le plus souvent, la méthode pairs/impairs pour séparer les items s’avère le plus appropriée.

Cette méthode a pour avantage de ne pas nécessiter une double administration, ni la construction d’une seconde version parallèle de l’instrument. Toutefois, il faut porter une attention à l’équivalence des deux parties comparées, ce qui représente une difficulté. De plus, la fidélité calculée sera influencée par la méthode de bissection choisie (items pairs/impairs, répartition au hasard, etc.). Également, il est important de considérer que le nombre d’items d’un instrument  influence sa fidélité; plus il comporte d’items, plus sa fidélité sera élevée et plus il sera précis (car cela augmente l’ampleur des différences individuelles observées). Or, en scindant l’instrument en deux, le nombre d’items se trouve diminué (cette méthode équivaut à l’utilisation de la méthode de l’équivalence avec deux version parallèle comptant la moitié des items de la version originale), ce qui a pour effet d’en sous-estimer la fidélité.

Exemple

Un conseiller d’orientation a développé une échelle d’évaluation de la satisfaction au travail qui compte 20 items et il souhaite en évaluer la cohérence interne. Pour ce faire, il pourrait administrer cet instrument à un groupe de travailleurs, pour ensuite calculer les scores composites à deux moitiés de l’échelle en faisant la somme des 10 items pairs d’une part et des 10 items impairs d’autre part. Il calculerait ensuite la corrélation entre ces deux scores composites. Plus cette corrélation aura une valeur proche de 1, plus la cohérence interne de son échelle sera jugée élevée.